Sohrab SEPEHRI

Publié le par Philolangue

Né en 1928 à Kâchân, Sohrâb SEPEHRI, peintre-poète iranien, et fou amoureux de la nature a passé son enfance dans un très grand verger où il y avait plein de fruitiers, de fleurs de miroir, de méditations, de messages des poissons, d’oiseaux légendaires, d’ombres, et d’eaux, sous un beau soleil dans un grand ciel bleu, comme dans ses poème. Son style étant simple, sans être simpliste, il a essayé de (se) laver les yeux et a réussi de voir autrement le monde d’autour de lui.

Dommage qu’en 1980 il est parti aux confins du zéro. Qu’est-ce qu’on le reconnaît bien dans son propre poème « Ami ».

 
biographie : Iraj BAZRGARI
traduction du poème :
Iraj BAZRGARI avec l'aide de Genviève PETIT
 
 
Ami
 
C’était un homme
De notre temps,

Grand et lié à tous les horizons ouverts.

Comme il connaissait bien

le langage de l’eau et de la terre.

 
Sa voix
avait la forme triste de la vérité altérée.
 
Ses peupliers
nous montraient les pulsations de la nature.
 
Ses mains

            qui feuilletaient l’air pur de la bonté,

            poussaient vers nous un souffle amène.
 

Il ressemblait à sa solitude

Et reflétait dans son miroir

Les chants les plus amoureux de son temps.

 
Sa douceur
            Etait celle infinie de la pluie.
 

Comme un arbre il se déployait

Dans la lumière bienfaisante.

 
Toujours
            il appelait l’enfance du vent.
Toujours
            il attachait sa parole au fil de l’eau.
 

Un soir, pour nous,

Sa prosternation unique devant la tendresse

            Fut si forte que nous avons caressé
            La trace de son front sur la terre.
 

Depuis nous avons connu

le sens d’aimer,
la fraîcheur d’un point d’eau.
 

Maintes fois nous avions remarqué

le nombre de paniers qu’il portait

lorsqu’il partait cueillir de bonnes nouvelles.

 

Hélas, il n’a pas pu s’asseoir

pour contempler la blancheur des pigeons.
 

Il est parti aux confins du zéro,

Allongé patiemment, attendant les lumières,

Sans nul souci de nous avoir laissés

seuls
sans même pouvoir partager une pomme

parmi le bruit violent des portes.

Publicité

Publié dans Poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article